
Haut lieu de mémoire au cœur de Lyon, le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD) invite à découvrir l’une des pages les plus marquantes de notre histoire. Installé symboliquement dans les anciens locaux de la Gestapo, ce musée historique retrace, à travers ses collections permanentes et expositions temporaires, l’histoire de la Seconde Guerre mondiale à Lyon. Des objets légués par d’anciens résistants et déportés aux documents d’archives, en passant par la diffusion d’extraits du procès de Klaus Barbie, le parcours muséographique vous plonge dans le quotidien de la ville sous l’Occupation. Un lieu de transmission pour comprendre le quotidien des Lyonnais durant cette période.
De l’École du service de santé militaire au musée d’histoire de la Résistance
Le bâtiment du Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation a eu plusieurs vies. Construit à la fin du XIXe siècle, il accueille à l’origine l’École du service de santé militaire (ESSM). À partir du printemps 1943, il devient le siège de la Gestapo. Ses caves servent de geôles pour les prisonniers avant les interrogatoires. En mai 1944, la Gestapo déménage au 33 place Bellecour car la façade a été détruite par un bombardement allié. D’ailleurs, après la guerre, elle n’a jamais été reconstruite : c’est le portique d’entrée sur l’avenue Berthelot.

En 1965, lors du 20e anniversaire de la Libération, d’anciens résistants et déportés lyonnais se constituent en association en vue de créer un musée de la Seconde Guerre mondiale. Ce projet voit le jour le 8 mai 1967 avec 2 salles dans le bâtiment du Muséum d’histoire naturelle de Lyon (aujourd’hui fermé). Mais, ce n’est qu’en octobre 1992 qu’est inauguré le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation. Installé symboliquement dans les anciens locaux de la Gestapo, ce musée historique reçoit en dépôt les collections du premier musée.

Qu’allez-vous voir au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation ?
Le CHRD, musée municipal de Lyon, a pour vocation de rendre accessible l’histoire de la Seconde Guerre mondiale à travers une exposition permanente et la projection d’extraits du procès de Klaus Barbie.
Collection permanente : Lyon dans la Guerre, 39-45
L’exposition permanente « Lyon dans la Guerre, 39-45 » prend le relai depuis 2012 de la première exposition. La scénographie de cette dernière, créée en 1992, délivrait une information générale sur la Seconde Guerre mondiale avec une part importante dédiée à l’engagement des Résistants. À l’automne 2011, le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation ferme ses portes pour un an de rénovation.

La nouvelle scénographie retrace l’histoire de la Seconde Guerre mondiale à Lyon. Au fil du parcours de visite, une collection importe d’objets légués par d’anciens résistants et déportés, des photographies, des documents d’archives et des témoignages audiovisuels permettent de comprendre l’histoire de Lyon sous l’Occupation. On y retrouve aussi des reconstitutions héritées de l’ancienne scénographie : une petite place de la Croix-Rousse, l’intérieur d’un appartement et une cave aménagée en imprimerie clandestine.

Procès de Klaus Barbie
Au rez-de-chaussée du musée d’histoire, un documentaire raconte le procès de Klaus Barbie. Son procès pour crime contre l’humanité s’est tenu entre le 11 mai et le 3 juillet 1987 devant la cour d’assises du Rhône. Klaus Barbie, appelé aussi « le bourreau de Lyon », est connu, entre autre, pour avoir été le chef de la Gestapo de la région lyonnaise à partir de février 1943. Sous ses ordres, de nombreux résistants, dont Jean Moulin, sont torturés dans les bâtiments du centre Berthelot. Après la Libération de la France, Klaus Barbie réussit à s’enfuir vers l’Allemagne. Plus tard, au début des années 1950, il s’exfiltre vers l’Argentine puis s’installe en Bolivie. À partir de 1964, il collabore avec l’armée bolivienne et la force aux techniques de torture. Au cours des années 1970, le couple Klarsfeld se lancent à se recherche et le ramènent en France en février 1983.

Le documentaire diffusé au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation présente des extraits du procès de Klaus Barbie qui fut largement relayé dans la presse. C’était le premier procès pour crime contre l’humanité en France. Les projections ont lieu à 10 h 30, 12 h 00, 14 h 30, 15 h 30 et 16 h 30. Le film dure 45 minutes et est déconseillé au moins de 12 ans.

Programmation du musée d’histoire de la Seconde guerre mondiale
Au-delà du parcours permanent, le musée propose une programmation culturelle riche avec :
- des visites guidées de l’exposition permanente
- des visites ludiques sous forme d’enquête pour les familles
- des visites thématiques : le procès Klaus Barbie, la Résistance, les femmes durant la guerre
- des parcours urbains pour revenir sur les lieux symboliques de la Seconde Guerre mondiale
Comment venir au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation à Lyon ?
Installé dans l’ancienne École du service de santé militaire, le CHRD se situe au 14 avenue Berthelot, dans le 7e arrondissement de Lyon. Pour vous y rendre, vous avez le choix entre plusieurs moyens de transport.
En transports en commun
Le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation est très bien desservi en transport en commun :
- le tramway : T2 (arrêt Centre Berthelot – Sciences Po Lyon) et T1 (arrêt Claude Bernard)
- le métro : A (station Perrache) et B (station Jean Macé)
Pour les détenteurs de la Lyon City Card, vous pouvez circuler gratuitement sur l’ensemble du réseau TCL. Il est facile d’accès depuis les 2 grandes gares de Lyon : Perrache (8 minutes) et Part-Dieu (13 minutes).
En voiture
Pour vous garer dans le quartier du musée de la Seconde Guerre mondiale, je vous recommande d’aller dans le parking LPA Berthelot sur la rue de Marseille. Il est juste à côté du bâtiment et, surtout, cela vous évitera de tourner (longtemps) dans le quartier.
En vélo
Devant l’entrée du CHRD, il y a un parking pour les vélos. Si vous venez en Vélov, vous trouverez une station rue Pasteur.
Quand est ouvert le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation ?
Le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation est ouvert au public du mercredi au dimanche entre 10 h 00 et 18 h 00. Tous les 1ers mercredis du mois, ses portes ouvrent à 11 h 00. Le musée est fermé tous les jours fériés sauf le 8 mai et le 11 novembre. Les 24 et 31 janviers, ses portes ferment à 17 h 00.

Quel est le prix du billet d’entrée du musée ?
Pour les visites libres, le tarif d’entrée de l’exposition permanente coûte 6 euros. S’il y a une exposition temporaire, c’est 8 euros. Le tarif réduit est respectivement de 4 et 6 euros. L’entrée est gratuite pour les personnes de moins de 18 ans et les détenteurs de la Lyon City Card.
- Voir mes infos sur la Lyon City Card
Y a-t-il d’autres lieux témoins de l’histoire de la Seconde guerre mondiale à Lyon ?
Capitale de la Résistance, Lyon compte de nombreux lieux de mémoire, dont :
- le Mémorial Jean Moulin à Caluire-et-Cuire dans la maison du Docteur Dugoujon où fut arrêté Jean Moulin en juin 1943
- le Mémorial national de la prison Montluc où furent internés plus de 10 000 résistants, Juifs et otages, victimes de l’occupant nazi entre 1943 et 1944
Les traboules de Lyon ont aussi joué un rôle pendant la Seconde Guerre mondiale. Les Lyonnais les connaissaient comme le fond de leur poche : elles leur servaient de cachettes pour échapper aux nazis et à la milice.

Des livres pour préparer ou poursuivre votre visite du Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation
Quand c’est possible, j’aime bien utiliser des ressources pour préparer ou prolonger la visite d’un lieu. Pour cette période-là, elles ne manquent pas, en particulier pour le jeune public :
- Le livre-jeux Lyon des enfants : une double page est consacrée à la Seconde Guerre mondiale à Lyon
- Quand j’étais petite pendant la Seconde Guerre mondiale : cet album raconte le quotidien d’une petite fille
- Jean Moulin, un héros de l’ombre : cette monographie retrace l’histoire de Jean Moulin, de son enfance jusqu’à sa mort, en passant à son engagement dans la Résistance
- Les Imprudents : cette enquête du journaliste Olivier Bertrand embarque sur les pas du maquis Bir-Hakeim. Entre épopée romanesque et recherche historique, ce livre est difficile à lâcher
- L’Homme de Lyon : ce récit mêle l’intime et la grande histoire. C’est une quête familiale pour dénouer les non-dits
- Histoire des grands-parents que je n’ai jamais eus : encore une enquête familiale(que voulez-vous, on ne se refait pas !) qui vous fait traverser l’Europe et l’histoire pour connaitre l’histoire de ces grands-parents emportés par les tragédies du XXe siècle
Et, si vous aimez jouer, je vous recommande le jeu de société Cartaventura Résistance. Je l’ai acheté lors de ma visite du CHRD. Ce jeu narratif et immersif est une plongée dans l’histoire d’un petite village normand durant la Seconde Guerre mondiale. À l’instar d’un livre dont vous êtes le héros, vous devez prendre de décisions : chaque choix influencera l’histoire… J’ai adoré !
Le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation s’impose donc comme un musée incontournable pour comprendre l’histoire de Lyon durant la Seconde Guerre mondiale. Aménagé symboliquement dans l’ancien siège de la Gestapo, ce musée nous invite aussi au devoir de mémoire qui nous lie à l’une des périodes les plus sombres de notre histoire.